Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, a annoncé ce vendredi sa démission, tout en précisant qu’il n’avait jamais participé à la proposition de privatisation de la Coupe du monde.
Un revers majeur pour le président de la FIFA
Le projet, présenté mardi, prévoit la création d’une filiale commerciale baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE) capable de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation estimée à 20 milliards.
En cas d’approbation, chaque association membre recevrait un versement unique de 20 millions de dollars dès le début de 2027, puis verrait son financement cyclique 2027‑2030 passer de 8 à 20 millions.
La part mise en vente pourrait atteindre 20 % et serait attribuée à des investisseurs privés, dont Joshua Kushner, frère du gendre de l’ancien président américain Donald Trump.
Opposition coordonnée des confédérations continentales
UEFA et CONCACAF ont conjointement menacé de boycotter la prochaine Coupe du monde, dénonçant la mise à l’écart du principe « le football n’est pas un produit d’investissement ».
L’UEFA, forte de 55 fédérations, et la CONCACAF, représentant 41 membres, ont appelé à une consultation « ouverte et démocratique », tandis que l’AFC a rejoint leur appel le même jour.
| Confédération | Membres | Position officielle |
|---|---|---|
| UEFA | 55 | Boycott et rejet du projet |
| CONCACAF | 41 | Opposition unanime |
| AFC | 47 | Soutien à l’UEFA et à la CONCACAF |
| Autres (incl. CAF, CONMEBOL) | 68 | En attente de décision |
Déclarations publiques de la FIFA et du président
Dans un communiqué, la FIFA a réaffirmé que « personne ne met le football en vente », tout en soulignant que le processus de consultation avait été perturbé par des informations erronées relayées par les médias.
Gianni Infantino a quant à lui décrit le plan comme « une occasion en or pour propulser le développement du football à l’échelle mondiale », insistant sur le potentiel de financement inédit pour les associations.
Réaction de l’UEFA et des institutions européennes
Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a déclaré que « l’avenir du football ne peut pas être dicté par des exigences purement financières », précisant qu’aucune équipe européenne ne participerait tant que le projet resterait en vigueur.
Le commissaire européen aux Sports, Glenn Micallef, a félicité les fédérations européennes pour leur « défense de l’intégrité du jeu » et a souligné l’importance d’une gouvernance transparente.

Conséquences potentielles pour la présidence d’Infantino
La date butoir du 18 novembre pour le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle de la FIFA approche à grands pas, alors que la pression monte parmi les trois confédérations déjà opposées.
Si le vote aboutit à un rejet du projet, la légitimité de la présidence d’Infantino, en fonction depuis onze ans, pourrait être fortement remise en cause lors du scrutin prévu à Rabat en mars prochain.
En attendant le décompte, la prochaine compétition internationale, la Coupe du monde féminine U‑20, se déroulera en Pologne dès le 5 septembre, tandis que la candidature britannique à l’organisation de la Coupe du monde féminine 2035 restera la seule en lice.
Le débat sur la commercialisation du football révèle dès à présent des fractures profondes au sein du système de gouvernance mondiale, annonçant une période de négociations intenses avant la prochaine élection.