Stefano Domenicali affirme que les téléspectateurs de Formule 1 ne souhaitent pas voir le niveau de charge des batteries affiché pendant les courses.
Retrait progressif des indicateurs de batterie à l’écran
Depuis le lancement de la réglementation 2026, les monoplaces utilisent 47 % de puissance électrique, rendant la gestion de l’énergie centrale en qualifications et en course. Au début de la saison, les graphiques télévisés, notamment lors du Grand Prix d’Australie, divulguaient le pourcentage de charge de chaque pile. Cette visibilité a peu à peu disparu, les écrans ne présentant plus ces chiffres même si les stratégies d’économie d’énergie continuent de façonner les duels.
L’absence de ce repère technique complique la lecture des “yo‑yos” – ces alternances entre attaque et récupération d’énergie – et empêche le public d’estimer l’écart énergétique entre deux voitures.
Argumentation de la direction : l’action prime sur les données
Interrogé sur la suppression des données, Domenicali a déclaré que les spectateurs recherchent avant tout le dépassement ou la défense d’une position, pas le détail du mode de pilotage. Il a comparé la situation au système DRS, précisant que les fans veulent voir le dépassement, pas comprendre son fonctionnement interne.
« Les gens veulent savoir si vous dépassez ou non », a-t-il insisté, ajoutant que les paramètres comme l’angle de l’accélérateur ou la pression de freinage restent secondaires pour la majorité.
Demande américaine et niche technique
Aux États‑Unis, la demande pour des retransmissions riches en télémétrie reste forte. Les passionnés qui analysent chaque décimale du système hybride réclament un accès permanent aux informations de charge, tandis que le grand public continue de privilégier le spectacle visuel.
Pour les fans techniques, les données restent consultables via les outils de collecte de données des équipes, mais elles ne sont plus intégrées aux graphiques diffusés en direct.
Le point de vue de Domenicali, inspiré d’une rencontre inattendue
Lors du Grand Prix de Hongrie, le président a évoqué une conversation avec George Lucas, soulignant la nécessité de simplifier la présentation pour les nouveaux spectateurs. Selon lui, la simplification permet de mettre en avant les « œuvres d’art » comme le dépassement de Max Verstappen sur Lewis Hamilton au premier virage, plus que les métriques de batterie.
Il reconnaît toutefois que les informations de niveau de batterie demeurent essentielles pour une petite partie du public, et qu’elles restent accessibles aux passionnés souhaitant les exploiter.


Loin d’être une simple question de visibilité, le débat sur les données de batterie reflète la tension permanente entre innovation technique et désir de pureté spectacle.