Privatisation de la FIFA : un fonds de 20 milliards de dollars mis sur le marché
Le président Gianni Infantino a présenté mardi une filiale baptisée « FIFA Forward Enterprise », cotée à 20 milliards de dollars et destinée à vendre à des investisseurs privés des parts minoritaires dans la Coupe du monde, la Coupe du monde des clubs et d’autres tournois majeurs.
Des investisseurs américains au cœur du projet
Aux côtés de la banque new‑yorkaise JP Morgan, la société Thrive Eternal, lancée par Joshua Kushner – frère de Jared Kushner, époux d’Ivanka Trump – a été identifiée comme l’un des premiers acquéreurs potentiels, renforçant ainsi le lien déjà médiatisé entre Infantino et l’entourage du président américain.
La FIFA indique que la levée de fonds pourrait atteindre 4,2 milliards de dollars dès cette année, chaque investisseur obtenant une participation sans droit de contrôle.
Réaction virulente de l’UEFA
L’UEFA a immédiatement dénoncé le dispositif, soulignant « l’absence totale de transparence sur les bénéficiaires financiers » et rappelant que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des biens que l’on puisse échanger ». La fédération européenne a précisé que la mesure franchit une limite que les instances dirigeantes du football ne devraient jamais dépasser.
Impact financier pour les 211 fédérations nationales
Dans le cadre du programme « FIFA Fast‑Forward », chaque fédération pourrait percevoir jusqu’à 24 millions de dollars (environ 21 millions d’euros) d’ici 2038, contre 8 millions de dollars actuellement alloués pour le cycle commercial 2027‑2030.
Infantino a justifié l’opération comme une « démocratisation du football à l’échelle mondiale », rappelant qu’un processus de consultation a déjà été lancé auprès des membres.
Antécédents de privatisation et perspectives de gouvernance
En 2018, Infantino avait proposé à SoftBank une cession de 25 milliards de dollars sur douze ans pour créer de nouvelles compétitions, projet qui s’est heurté à la ferme opposition de l’UEFA. Depuis, le président a consolidé ses relations avec le football saoudien, notamment grâce au prince héritier Mohammed ben Salmane qui finance la future Coupe du monde 2034.
Le succès commercial du Mondial 2026 (près de 12 milliards de dollars de recettes) devrait faciliter la réélection sans opposition d’Infantino pour un quatrième mandat, jusqu’en 2031, même si des rumeurs évoquent la création d’un poste de commissaire‑PDG au sein de la nouvelle entité.

Le contraste entre une rentabilité record et des enjeux politiques grandissants place la prochaine échéance de la FIFA sous le feu des critiques, alors même que le projet de privatisation se concrétise.