Yamaha pénètre le club des V4 en MotoGP et mise tout sur une reconstruction technique à mi‑saison
Après des décennies en ligne‑four, le constructeur japonais a adopté le V4 et, à la mi‑saison, se situe en bas du classement sans pilote dans le top 10, reflétant l’ampleur du virage technologique initié.
Un départ à zéro face à des rivaux déjà maîtrisant le V4
Confronté à Ducati, KTM, Aprilia et Honda, Yamaha souffre d’un manque d’expérience sur l’architecture V4, ce qui, selon le team manager de Pramac, Gino Borsoi, rend les comparaisons peu utiles à ce stade.
« Ce n’est pas simple quand on repart de zéro alors que les concurrents optimisent leurs V4 depuis longtemps », souligne l’Italien dans une interview accordée à Motorsport.com Allemagne.
Il ajoute que les autres constructeurs disposent de volumes de données, de retours pilotes et d’ajustements de châssis nettement supérieurs, tandis que Yamaha est encore aux prémices de son histoire V4.
Écart de temps réduit : un indicateur encourageant
Pour Borsoi, la différence d’une à 1,2 seconde avec les machines de tête représente déjà un exploit, compte tenu du stade de développement.
Il estime que la performance globale n’est pas aussi distante, citant les bonnes notes d’aérodynamique, d’électronique et de châssis de la YZR‑M1.
Des qualifications en Q2 pour Jack Miller (Catalogne, Hongrie, Allemagne), Toprak Razgatlioglu (Brésil) et Álex Rins (France, Italie), ainsi que la présence récurrente de Fabio Quartararo en Q2 et ses podiums, renforcent cette lecture.

Perspectives avant l’arrivée du 850 cc en 2027
Malgré l’annonce d’un règlement 850 cc dès 2027, Yamaha ne suspend pas le développement du V4 1000 cc actuel ; les deux projets avancent parallèlement.
L’objectif est de convertir les enseignements du moteur actuel en gains de puissance, de fiabilité et de durabilité pour la prochaine génération.
« Comprendre comment extraire de la performance du moteur actuel nous donnera la bonne mentalité pour le futur moteur », affirme Borsoi, qui prévoit encore une à deux mises à jour avant la fin de la saison.

Le legs Ducati au service de la nouvelle Yamaha
Pramac, anciennement associé à Ducati, transpose son expérience italienne dans le nouveau projet Yamaha, créant un lien culturel et technique inédit.
Borsoi décrit la collaboration comme ouverte et professionnelle, soulignant la capacité de l’équipe japonaise à écouter les apports issus des succès passés avec Ducati.
Ce croisement d’expertise, selon le manager, contribue à façonner la moto de la saison prochaine, même si la transition reste un défi organisationnel.
« La connexion établie avec Yamaha est forte », conclut-il, ajoutant que cette synergie pourrait accélérer l’apprentissage des solutions de performance.
Avec un gap de 1,2 seconde désormais maîtrisable, Yamaha démontre que son V4 n’est plus une simple expérimentation, mais un concurrent capable d’évoluer rapidement.