Tim Merlier, 33 ans, a décroché sa quatrième étape du Tour de France en s’imposant dans le sprint final de la 7ᵉ manche, qui s’est terminée sur les quais de la Garonne à Bordeaux.
Une soirée de sprint sous un soleil implacable
Après la journée de montagne dominée par Tadej Pogačar, le peloton a connu un calme relatif avant que les sprinteurs ne se préparent à la dernière ligne droite, sous des températures dépassant les trente degrés.
Le départ de l’assaut a été déclenché à quelques kilomètres de l’arrivée, quand Baptiste Veistroffer – surnommé le « sanglier de Fouesnant » – a lancé une première échappée, rapidement accompagnée par le Tchèque Jakub Otruba.
Cette dissection a forcé les équipes à réagir, mais aucune chute n’est survenue, un phénomène rare dans les sprints récents.
Le duel des leaders et le rôle des équipes
Olav Kooij, vainqueur du sprint de Pau la veille, a perdu de son éclat et s’est retrouvé vingt‑troisième à Bordeaux, tandis que Mads Pedersen, champion du sprint intermédiaire à Foix, a terminé neuvième hors du combat principal.
Jasper Philipsen, champion en 2023 sur le même tronçon, a peiné dès le départ, relâchant son effort avant l’arrivée, ouvrant ainsi la voie à Merlier.
Le sprint de Merlier a été caractérisé par une accélération tardive, à environ 250 m de la ligne, où il a exploité son positionnement et son expérience pour dépasser le Norvégien Soren Waerenskjold et l’Érythréen Biniam Girmay.
Valentin Paret‑Peintre, coéquipier de Merlier, a décrit le vainqueur comme « très calme, même au repas, et capable de lancer de gros sprints depuis l’arrière », ajoutant une pointe d’humour sur son régime alimentaire.
Analyse technique et perspective de la formation belge
Mesurant 1,88 m pour 76 kg, Merlier ne possède pas les cuisses massives de certains rivaux, mais sa capacité à lire le « casino » du sprint – terme qu’il a employé pour désigner le chaos du dernier kilomètre – compense largement ce déficit physique.
Guidé par le directeur Jasper Stuyven, il a su s’adapter après la perte de l’aide de son coéquipier Bert Van Lerberghe, qui a abandonné dans les Pyrénées.
Selon Tom Steels, ancien champion du sprint à Bordeaux en 1999, l’expérience de Merlier lui permet de toujours trouver la fenêtre d’accélération idéale, un atout crucial dans une course rendue plus difficile par la chaleur et le rythme soutenu.
Cette victoire confirme la constance de l’équipe belge, qui n’a jamais manqué d’emporter au moins une étape depuis 2013, et inscrit Merlier parmi les rares sprinteurs capables de combiner puissance et lecture tactique.