Red Bull demande la vérification des soupçons d’aide à Racing Bulls – et nous l’avons fait

Red Bull invite à vérifier les soupçons d'aide de Racing Bulls... et on l'a fait
Red Bull invite à vérifier les soupçons d'aide de Racing Bulls... et on l'a fait

Laurent Mekies affirme que les premiers mois de 2026 suffisent à démontrer l’absence d’aide entre Red Bull Racing et son équipe sœur

Lors d’une conférence de presse post‑Barcelone, le directeur de Red Bull Racing a déclaré que les données accumulées depuis le début de la saison excluaient toute forme de coopération illicite entre les deux écuries, un sujet qui refait surface chaque fois que les performances des deux équipes convergent.

Les craintes soulevées par l’existence d’une double équipe

Le débat a été relancé après que Mercedes et Toto Wolff aient exprimé un intérêt, sans aboutir, pour des parts d’Alpine, poussant Zak Brown, PDG de McLaren, à écrire au président de la FIA. Il y dénonçait les risques de transferts de personnel accélérés, de fuite de propriété intellectuelle et d’éventuelles aides en course entre entités sous même propriétaire.

Parmi les exemples invoqués, le meilleur tour de Daniel Ricciardo à Singapour en 2024, où le pilote de l’équipe sœur s’est arrêté sans justification apparente, a permis à Lando Norris de lui arracher le point, alimentant les soupçons de collusion.

Confrontations sur la piste : un aperçu des courses clés

Les sept premiers Grands Prix de 2026 offrent plusieurs épisodes où les voitures Red Bull et Racing Bulls se sont croisées, souvent dans des circonstances qui ont suscité l’interrogation.

Australie – Un « yo‑yo » inattendu

Le néo‑zélandais Arvid Lindblad a démarré neuvième, a grimpé jusqu’à la troisième place avant d’être dépassé successivement par Isack Hadjar et Lewis Hamilton. Un duel serré avec Hadjar a donné lieu à un échange de positions avant que Verstappen, parti plusieurs tours derrière, ne tente de remonter, sans toutefois réussir à freiner Lindblad. L’équipe Racing Bulls n’a pas profité d’un arrêt fantôme pour freiner son pilote, restant ainsi apparentée à la compétition libre.

Chine – Loi de défense entre frères de même marque

Après un accrochage au sprint qui a laissé Hadjar légèrement endommagé, Liam Lawson a continué à défendre sa position contre Lindblad, refusant de céder la place initialement occupée par son co‑équipier de l’année précédente. Verstappen, ayant perdu plusieurs places au départ, a dû suivre le peloton avant de se retrouver bloqué derrière la Racing Bulls, tentant sans succès de dépasser Lindblad à la chicane.

Japon – Suzuka comme scène d’une rivalité intérieure

Quatre voitures Red Bull ont circulé en peloton pendant plus d’une douzaine de tours. Lindblad, à la tête du petit groupe, a délibérément limité la largeur de Manœuvre d’Hadjar à la sortie de la chicane, poussant ce dernier à téléphoner « Qu’est‑ce qu’il fout, bordel ? ». L’ingénierie a signalé l’incident aux commissaires sans qu’une sanction immédiate ne soit prise.

Miami 2026 – L’incident qui a ravivé le débat

Au premier tour, Verstappen a perdu plusieurs places après une sortie de piste à la sortie du virage 1, finissant directement derrière Liam Lawson. Une tentative d’intrusion à l’intérieur du virage 11 a vu les deux voitures quitter la piste, Lawson s’étant refait dans l’échappatoire. L’équipe a alors ordonné à Lawson de restituer la position à Verstappen, décision que le pilote a contestée avant d’exécuter le dépassement au tour suivant.

Lawson a expliqué que la consigne était prise dans la précipitation d’une analyse incomplète, admettant que la manœuvre était en partie due à une erreur de jugement de la Red Bull. Il a ajouté que le temps disponible pour réagir était limité, ce qui pouvait expliquer la décision contestée.

État des lieux et perspectives

En dehors des affrontements notables à Miami, les Grands Prix du Canada, de Monaco et de Barcelone se sont déroulés sans incident majeur entre les deux entités, à l’exception d’un dépassement classique de Hadjar sur Lindblad en Espagne. Les mouvements de personnel, comme le passage de Mekies de Racing Bulls à Red Bull sans période de préavis, demeurent le point le plus sensible, tout comme les potentielles fuites de technologie.

Si les preuves collectées à ce stade restent limitées, chaque rencontre future où le titre mondial sera en jeu pourra intensifier la surveillance des concurrents, qui scruteront avec attention toute coordination suspecte entre les deux équipes.