À 20 ans et quatre mois, Nestory Irankunda inscrit le but le plus jeune de l’histoire australienne et asiatique en phase finale d’une Coupe du monde, marquant l’ouverture d’un 2‑0 contre la Turquie à Vancouver lors du groupe D de la Coupe du monde 2026.
Un but mémorable et une célébration à la Tim Cahill
Après avoir trompé le gardien turc, l’ailier a reproduit le geste signature de son idole Tim Cahill : un coup de pied puissant dans le poteau de corner. « Si je marque, je ferai comme lui », rappelle Irankunda, tout en évoquant également l’influence de Lionel Messi sur son jeu.
Des racines de réfugié à la scène internationale
Né le 9 février 2006 à Kigoma, en Tanzanie, Nestory grandit dans un camp de réfugiés où ses parents burundais avaient fui la guerre civile. Leur fuite vers Perth, en Australie, a permis au jeune de découvrir le football après un bref passage par le rugby.
Il confie au Canberra Times que la survie de sa sœur aïnée a été le facteur déterminant de leur décision de partir, soulignant son attachement familial et son désir de protéger ses proches.
De Perth à Munich : l’étape Bayern Munich
Après des performances éclatantes avec Adelaide United – 16 buts et 8 passes décisives – le Bayern Munich signe Irankunda en 2024 pour 900 000 €, le plaçant immédiatement dans le groupe d’entraînement senior. Il partage le terrain avec Harry Kane, bien qu’il ne débute pas en Bundesliga.
Sa première robe des Socceroos survient le 6 juin 2024 contre le Bangladesh, où il marque dès la deuxième mi‑temps face à la Palestine, devenant le deuxième plus jeune buteur australien en sélection.
Watford, vitesse fulgurante et ambitions mondiales
Prêté aux Grasshopper Zurich, puis transféré à Watford en Championship, Irankunda cumule 42 apparitions, 4 buts et 5 passes décisives. Son sprint mesuré à 37 km/h rappelle la rafale de Kylian Mbappé contre l’Argentine en 2018, rendant ses dribbles particulièrement percutants contre les défenses européennes.
« Je dois jouer davantage, la Coupe du monde approche », explique‑t‑il à la BBC, exprimant son rêve de briller sur la scène anglaise tout en sécurisant sa place dans le groupe australien.
Retours familiaux et perspectives de l’entraîneur
Sa sœur Gideon Sikujuwa, interviewée à la télévision australienne, avoue avoir « failli subir une crise cardiaque » en voyant l’attaquant marquer, témoignant de l’émotion partagée au sein du foyer. De son côté, le sélectionneur Tony Popovic qualifie Irankunda d’« explosif, dynamique et dangereux », insistant sur son rôle décisif contre les États‑Unis à Seattle.
Ancien entraîneur d’Arsenal, Ange Postecoglou ajoute que quelques semaines de forme exceptionnelle peuvent transformer une carrière, insinuant que le jeune ailier est prêt à écrire de nouveaux chapitres lors du tournoi.
Si le rythme du groupe D persiste, Nestory Irankunda pourrait bien devenir le visage incontournable de la prochaine génération australienne, alliant vitesse, technique et résilience au plus haut niveau.