Survie improbable d’un alpiniste népalais sur l’Everest
L’alpiniste népalais Dawa Sherpa a survécu pendant une semaine, dont trois jours confinés au fond d’une crevasse, sur les pentes de l’Everest, avant d’être retrouvé le 4 juin à proximité du camp de base.
Parcours initial et remplacement du guide
Employé comme cuisinier au camp 2 pour la société Himalayan Traverse Adventure, Dawa Sherpa a été sollicité à la dernière minute pour remplacer un guide, bien qu’il n’ait jamais atteint le sommet.
Le 28 mai, il a atteint le « Balcony » (environ 8 400 m) avant de redescendre au camp 4 avec l’alpiniste britannique Chris Thrall, le polonais Mariusz Chmielewski et le guide Pasang Kaji Sherpa.
À 7 900 m, Thrall signale la dernière fois Dawa, qui, à court d’oxygène, lui indique de poursuivre pendant qu’il le rejoint.
Défaillance d’oxygène, halte improvisée et chute dans la fissure
L’épuisement de son apport en oxygène l’a contraint à rester accroché à la corde une demi‑heure, puis à se réfugier dans une tente où il trouve des nouilles qui lui redonnent l’énergie nécessaire pour redescendre au camp 3 (≈ 7 100 m) sous des rafales de vent.
Après une nuit à cette altitude, il continue vers le camp 2, mais disparaît dans la redoutable cascade de glace de Khumbu, où il glisse et tombe dans une crevasse, entraînant avec lui un sac de 28 kg contenant huit bouteilles d’oxygène vides et les sacs de couchage des clients.
Épuisé, il lâche le sac, se coince la jambe en touchant le fond, puis récupère du chocolat gelé, des biscuits et du café lyophilisé dans sa veste pour se sustenter.
Isolement, avalanche salvatrice et opérations de secours
Le 3 juin, un hélicoptère passe au-dessus, son bruit audible mais la machine reste hors de portée ; Dawa passe alors deux nuits supplémentaires dans la crevasse, incapacité d’escalader les parois lisses.
Une avalanche de neige comble partiellement la fissure, créant un tunnel de neige qui lui permet de ramper vers la surface – un effort d’environ une heure, soutenu par ses crampons et la glace environnante.
Une fois à l’extérieur, il suit une corde jusqu’à proximité du camp de base, où il est découvert par le Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC) aux premières heures du 4 juin.
Évacuation, soins et perspectives d’avenir
Transporté en hélicoptère vers Katmandou, Dawa Sherpa reçoit des soins pour des engelures, une déshydratation sévère et une fracture du fémur.
Sa survie a déclenché l’émoi parmi la communauté des alpinistes, mais aussi la colère de sa famille et des autorités népalaises face aux délais des secours, entraînant l’ouverture d’une enquête gouvernementale.
Interrogé sur un éventuel retour en haute montagne, il indique qu’il abandonnera les ascensions professionnelles, se limitant éventuellement à du trekking.
La tragédie évitée montre que même les protocoles les plus rigoureux peuvent être mis à mal par l’isolement extrême, rappelant aux organisateurs d’expéditions la nécessité d’équipements de communication résilients et de réponses d’urgence plus rapides.