Le monde du football français a perdu ce mercredi Eric Roy, 58 ans, suite à un cancer du pancréas, alors même qu’il venait de conduire le Stade Brestois 29 à une qualification historique en Ligue des champions.
Un parcours de joueur à entraîneur aux multiples escales
Après des passages comme milieu de terrain à Nice, Lyon et Marseille, Roy a conclu sa carrière de joueur en Angleterre chez Sunderland (1999‑2001) puis en Espagne au Rayo Vallecano (2001‑2002). Il a ensuite exercé les fonctions d’entraîneur à Nice (mars 2010‑novembre 2011), Lens, Watford, avant d’accepter en janvier 2023 la direction technique du SB29, club alors menacé de relégation.
Sa nomination à Brest, inattendue après plus d’une décennie d’attente d’une seconde opportunité en Ligue 1, a immédiatement suscité des doutes quant à la capacité du club à rivaliser avec des équipes aux budgets bien supérieurs.
Le miracle de 2024 : de la survie à la Ligue des champions
En saison 2023‑2024, Roy a d’abord maintenu le SB29 en Ligue 1 avant de pousser l’équipe à terminer troisième, une place jugée impensable compte tenu des moyens financiers limités. Ce classement a ouvert la porte à une première qualification européenne du club, couronnée par une performance en phase de groupes de la Ligue des champions où Brest a éliminé la phase de poule avant de s’incliner face au Paris Saint‑Germain (0‑3, 0‑7).
Reconnu pour son management participatif, il attribuait le succès à la “qualité des joueurs capables de s’approprier un projet de jeu” et à la volonté collective d’obtenir des résultats.
Combat discret contre la maladie
Le diagnostic de cancer du pancréas aurait été posé aux alentours de son arrivée à Brest, information connue seulement des proches du club. Malgré les effets secondaires des traitements, Roy a continué à diriger les entraînements, à assurer les conférences de presse et à maintenir son attitude bonhomme, refusant toute divulgation publique.
Sa famille a partagé sur Instagram que le coach “se battait depuis trois ans et demi contre ce cancer, en conservant une force impressionnante”, soulignant le respect général pour son choix de discrétion.
Réactions du milieu footballistique
Le RC Lens a salué « l’engagement et les qualités humaines d’Eric Roy », tandis que Vincent Labrune, président de la LFP, a qualifié le défunt de « personnage parmi les plus respectés, aimés et authentiques du football français », rappelant sa “passion totale et une intégrité rare”.
Sur les réseaux sociaux, le compte Brest On Air a qualifié Roy de « plus grand entraîneur de l’histoire du Stade Brestois », un sentiment partagé par les supporters qui se sont rassemblés devant le Stade‑le‑Blé pour honorer sa mémoire.
Le décès d’Eric Roy clôture une ère où la ténacité et le management collectif ont transcendé les limites budgétaires, laissant un modèle de leadership qui continuera d’inspirer les clubs à l’échelle nationale.