À Los Angeles, la sélection iranienne de football a disputé son premier match du Mondial 2026 dans le SoFi Stadium, alors que quelques heures plus tôt Téhéran et Washington annonçaient un accord susceptible d’ouvrir la voie à la fin d’un conflit de trois mois et demi au Moyen‑Orient.
Un décor géopolitique au plus haut niveau
Le SoFi Stadium, le stade le plus cher jamais construit, a accueilli le duel Iran‑Nouvelle‑Zélande (2‑2), alors que la communauté iranienne locale manifestait activement contre le régime. Des dizaines de supporters arboraient le lion et le soleil, emblèmes du drapeau d’avant‑1979, rappelant un désir de dissociation politique.
Des responsables iraniens ont rappelé que la FIFA devait veiller à la visibilité exclusive du drapeau officiel, menaçant d’interrompre la rencontre si un autre étendard était exposé.
Drapeaux, interdictions et contrôles
Un agent de sécurité anonyme a indiqué que les équipes de surveillance avaient reçu l’ordre de repérer tout drapeau « politique » afin d’avertir son porteur, voire d’envisager son expulsion. La réglementation de la FIFA prohibe en effet tout accessoire à connotation politique dans les stades, mais son application varie selon les circonstances.
Paradoxalement, les mêmes drapeaux ont été brandis dans les tribunes pendant l’hymne national iranien, ponctué de huées, avant que le public ne se rallie aux joueurs.
Gestes symboliques et messages de guerre
À la 64ᵉ minute, l’attaquant iranien Mohammad Mohebi, après avoir égalisé, a simulé des coups de feu en l’air, image immédiatement interprétée comme une référence à la violence en cours.
Juste derrière le but, quelques supporters ont déployé brièvement une banderole découpée rappelant le chiffre « 168 », nombre initialement donné pour les victimes du bombardement de l’école iranienne de Minab le 28 février, jour où le conflit a éclaté. Un bilan révisé par Téhéran en mai indique 155 morts, dont 120 enfants.
Lors du déplacement au Mexique, les joueurs ont porté des pins dorés marqués « #168 », réitérant le même message dans leurs vestes.

Conséquences logistiques et perspectives sportives
Privée de visas américains pour une quinzaine d’accompagnateurs, la délégation a dû s’établir à la dernière minute dans un camp de base à Tijuana, avant de rejoindre les États‑Unis pour le match. Amir Ghalenoei, entraîneur de l’équipe, a qualifié son effectif de « plus maltraité » du tournoi, tout en insistant sur la nécessité de séparer le football de la politique.
L’Iran espère franchir pour la première fois la phase de groupes ; il affrontera la Belgique le 21 juin à Los Angeles, puis l’Égypte le 26 juin à Seattle.
Entre exigences sportives et revendications géopolitiques, la première apparition de la sélection iranienne au Mondial 2026 restera gravée comme une illustration poignante des enjeux qui dépassent le simple terrain de jeu.