Alexander Zverev a mis fin brutalement à son interview accordée à L’Équipe lorsqu’il a été interrogé à nouveau sur les accusations de violences conjugales le concernant.
Une interview qui dégénère
Le lundi 8 juin, alors qu’il était conduit de son hôtel parisien au pont de Bir‑Hakeim pour une séance photo officielle avec la Coupe des Mousquetaires, le champion allemand a d’abord répondu brièvement à une question sur un incident survenu à l’Open d’Australie 2023, puis a exprimé son désintérêt dès que le journaliste a abordé le thème des accusations qui le poursuivent depuis plusieurs années.
Après deux relances, Zverev a indiqué que son innocence était “prouvée”, avant que son agent n’intervienne pour rappeler que les accusations avaient déjà été traitées juridiquement. Le joueur a alors déclaré qu’il était préférable d’arrêter l’interview, laissant le micro se couper sur un souffle irrité.
Le passé judiciaire d’Alexander Zverev
En 2023, la justice allemande avait condamné Zverev à une amende de 450 000 €, à la suite d’une plainte de son ex‑compagne Brenda Patea, mère de leur fille. Un appel avait conduit les deux parties à un accord en juin 2024, mettant ainsi fin aux poursuites.
Trois ans auparavant, en octobre 2020, la joueuse Olga Sharypova l’avait accusé de violences physiques et psychologiques. Zverev avait nié les faits et engagé une procédure contre la journaliste américaine qui avait relayé ces accusations.
Réaction des médias
Dans le numéro du lundi, L’Équipe a relégué le titre de champion de Roland‑Garros à un encadré discret, privilégiant la première place à l’obtention du premier titre français féminin en Ligue des champions de handball. Le HuffPost, quant à lui, a traité la victoire de Zverev en omission volontaire des affaires judiciaires, limitant la mention des deux ex‑compagnes.
Ces choix éditoriaux traduisent la difficulté des rédactions à concilier une performance sportive exceptionnelle avec une trajectoire judiciaire controversée, tout en répondant aux attentes d’un public sensible aux enjeux moraux.
Le tournoi montre ainsi que le prestige d’un Grand Chelem ne suffit pas à effacer les zones d’ombre d’une carrière déjà marquée par des polémiques judiciaires.