Michael Schumacher : revivez son dernier coup de vice 20 ans après

Il y a 20 ans : le dernier coup de vice de Michael Schumacher
Il y a 20 ans : le dernier coup de vice de Michael Schumacher

Le samedi 27 mai 2006, Michael Schumacher a vu sa pole à Monaco annulée après avoir volontairement arrêté sa Ferrari à l’entrée du virage de La Rascasse, déclenchant un drapeau jaune qui a gêné Fernando Alonso.

Contexte du week‑end monégasque

Avant la séance de qualification, le champion en titre était distancé de 15 points par le Renault d’Alonso, le vainqueur du championnat reportant 10 points pour la course. Schumacher, quant à lui, n’avait obtenu que deux podiums et deux sixièmes places sur les six premières courses de la saison.

Les essais libres avaient déjà mis en avant la supériorité de Renault, avec Alonso dominant les trois sessions et affichant des temps supérieurs à ceux de la Ferrari et de la McLaren de Kimi Räikkönen.

Performance des pilotes en Q1‑Q2‑Q3

Räikkönen a ouvert les chronos en Q1 avec 1’14″140, suivi de près par Schumacher à 1’13″898, tandis qu’Alonso s’est contenté de 1’13″980 lors de sa première tentative. En Q2, Räikkönen a repris la tête, mais Schumacher a progressé jusqu’à la 5ᵉ place, à moins d’un dixième de l’Espagnol.

Les trois dernières minutes de la séance ont été consacrées à la consommation de carburant, un format qui, à l’époque, suscitait de vives critiques pour son impact sur la stratégie de qualification.

L’incident de La Rascasse

Après un échange de pneus, Schumacher entamait son tour final, à 0,190 seconde du meilleur temps du secteur trois. À La Rascasse, la Ferrari a quitté la trajectoire, percuté le mur et s’est immobilisée à quelques centimètres de la barrière, provoquant le drapeau jaune qui a figé Alonso à 0,064 seconde derrière.

Dans la conférence de presse, le pilote a déclaré : « J’ai pensé être en tête, j’ai donc poussé à fond », avant d’ajouter qu’il n’avait pas vu les voitures derrière et que le moteur s’était ensuite arrêté.

Fernando Alonso en Renault lors des essais libres à Monaco 2006
Press conférence de Michael Schumacher et Fernando Alonso après les qualifications

Réactions du paddock et enquête

Flavio Briatore, directeur de Renault, a immédiatement remis en cause la manoeuvre, affirmant que Schumacher avait « garé la voiture » sans raison apparente. Jean Todt, directeur de Ferrari, a dénoncé la décision des commissaires, la qualifiant de « prétexte à créer un précédent dangereux ».

Après une enquête de huit heures, les juges ont confirmé la disqualification de Schumacher, invoquant l’absence de preuves tangibles mais considérant le comportement comme suspect.

Conséquences sur le championnat

Alonso a remporté la course, élargissant son avance à 21 points avant Monaco, avant d’atteindre 25 points après les deux Grands Prix suivants. Schumacher a remonté de la 22ᵉ à la 5ᵉ position dans la course, mais le pointage final a maintenu le Spaniard en tête du championnat.

Les confidences de Felipe Massa, présentées dans le documentaire Sky Sports « The Race To Perfection », ont révélé que la stratégie afin de provoquer un drapeau jaune aurait été évoquée en interne, confirmant la suspicion d’une manœuvre délibérée.

Cette affaire reste l’un des épisodes les plus marquants de la saison 2006, illustrant la fine ligne entre la compétition acharnée et les limites de l’éthique en Formule 1.